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Education/ Manuels scolaires : l'Emmanuel soit avec vous et avec l'esprit des auteurs !

Par
Marco Leader
-
6 octobre 2019
2.

Je suis reparti à l’EPP Duffrebo 1, mon école primaire, ce samedi 5 octobre 2019, là où (où – on ne peut pas le remplacer par ou bien, donc prend un accent) tout a commencé. Je me suis remémoré mes promotionnaires. Nous n’étions pas 45 comme ceux de Dezy Champion mais il fallait avoir au moins 7 ans pour être accepté en classe préparatoire première année (CP1). Et tous ceux qui répondaient à ce critère y étaient.

J’ai eu en mémoire mes promotionnaires : Guiro Oumarou, Sarah Ouattara, N’Da N’Guetta Patrice, Hien Sansan, Hien Bêbê, Dah Kambou, Akpo Akissi Eugenie, Kouadio Affoua Rolande, Kabran Akpobla Prisca Nadège, Kouakou Yah Jacqueline, Kouman Kouamé Rodrigue, Koffi Kra Atta Georges, Koffi Kra Attawa georgette, Claudou Kanga Ignace, Kablan Augustin (doyen), N’Zoré Moïse, Aka Atteh Isabelle, Kouamé Annie Sabine, Kouman Alida, Yao Claver, Kanga Amenan Parfaite, Doutigui Kouassi Frédéric, Taki Joslin Kouamé, Bilé Amon Koffi Appolinaire, Drissa Kouassi, Comoé Koffi.

Nombreux redoutaient ce moment. Quitter les parents pour une aventure inconnue, remplie de préjugés : les maitres et leurs bâtons, les punitions, les corvées, les moqueries. Et puis nos parents nous ont accompagné. Nous avons frappé à la porte. Les mots et les lettres sont venu à notre rencontre. Ils étaient en compagnie de Monsieur AGOBE, celui qui allait être notre maître jusqu’au cours élémentaire première année (CE1).

Au lieu des bâtons, il nous a plutôt servi des carottes. L’accueil était si chaleureux que nous commençâmes à nous interroger au réveil les matins : aller à l’école ou (ou – on peut le remplacer par ou bien, donc ne prend pas d’accent) rester avec les parents ? L’enthousiasme était apparente.

Au fil des ans et des pages, nous avons vu « Mariam joue à la balle », « Bilé regarde la télé », « C’est la jolie moto de papa », « Le canari d’Akissi est cassé », « La cuvette est à côté du mur », « Le boucher est blessé au nez », « Les oiseaux volent au-dessus de la rizière ». Nous avons même vu « Maloko le dormeur », « Cocotani, la petite poule courageuse », Katakié et Bidia, etc.

Nous ne savions pas ce que nous faisions, ni où nous allions mais nous étions épanouis d’être à l’école et pas dans les plantations. Nos parents pouvaient vaquer à leurs occupations sereinement. Nous étions entre de bonnes mains.

Nous aimions les manuels et leurs petites histoires. Nous prenions plaisir à les réciter de la première page à la dernière. Sans compter l’hymne national : "salut ô terre..." (l’Abidjanaise). On ne pouvait s’imaginer un seul instant qu’il pouvait y avoir des "incidents diplomatiques" avec les mots et les mots entre eux. On se rend compte que l'Emmanuel était vraiment avec nous et avec l'esprit des auteurs. Amen ! Mais c’était à notre temps.

Et le temps a bien changé. Aujourd'hui, les mots n’ont plus de propriétaire, ils se cherchent.

Ou et où se battent pour savoir lequel va porter l’accent.

Truelle, cabri, maitresse et autres mots subissent de plein fouet la violence basée sur le genre (VBG) au point de changer de "sexe"…

Hommage à Messieurs Agobé (paix à son âme), du CP1 au CE1, Directeur Kanga Marcellin du CE2 au CM2, et Yao Christophe (paix à son âme) CM2 bis. Vous étiez nos « dieux » !

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